19 Juin
  • By Thibaut AARON
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Climatisation : quand se rafraîchir réchauffe la planète

Depuis trois mois que nous sillonnons l’Asie, la chaleur souvent étouffante est l’une des adaptations difficiles auxquelles nous sommes confrontés.

Alors que nous dégoulinons avec nos 20kg sur le dos, le besoin de fraîcheur se fait souvent insistant (oui, il nous arrive de rentrer chez des bijoutiers uniquement pour profiter de la clim’).

C’est dans ces moments là qu’on se rend compte du luxe que représente l’air conditionné et que l’on fait le lien avec l’énergie et climat.

Le froid artificiel est arrivé récemment. Les premières unités d’air conditionné sont apparues en 1914, et les premiers frigidaires en 1930.

A l’échelle de la Planète, l’air conditionné consomme t-il plus d’énergie que le chauffage ?



La réponse est non. Mais à en croire un certain nombre de projections, ce sera le cas d’ici 2060… En 2100, l’énergie nécessaire pour garder nos intérieurs au frais devrait même dépasser de 60% les dépenses énergétiques consacrées au chauffage !

Depuis dix ans, les ventes de climatiseurs explosent, notamment dans les pays en voie de développement.

Pour vous donner un ordre de grandeur, aux États-Unis, à elle-seule, la climatisation consomme plus d’énergie que la consommation énergétique totale du continent africain.

Les climatiseurs individuels consomment en moyenne 2 kW d’électricité par heure d’utilisation. Lors d’un pic de chaleur les 30 et 31 juillet 2012, l’Inde a subit un black-out touchant plus de 620 millions de personnes. Et la plus grande panne d’électricité au Monde est en partie due aux climatiseurs.

Mais les principaux responsables de l’empreinte carbone des climatiseurs sont les fluides réfrigérants qu’ils contiennent.
En effet, les climatiseurs ont joué un rôle important dans l’extension du trou de la couche d’ozone en raison des gaz qu’ils renfermaient.

Heureusement, en 1987, l’ensemble des pays de la planète se sont mis d’accord à Montréal pour interdire les chlorofluorocarbures (CFC) à la suite de nombreuses publications scientifiques accablantes sur leur rôle dans l’extension du trou dans la couche d’ozone. 30 ans plus tard, le constat est sans appel, le trou dans la couche d’ozone se referme ! Ce traité est un succès.

Ainsi, depuis les années 90, les gaz hydrofluorocarbures (HFC) sont massivement utilisés en remplacement des CFC dans nos climatiseurs et réfrigérateurs. Problème : le potentiel réchauffant de ce gaz est plusieurs milliers de fois plus puissant que le CO2…

Aujourd’hui les systèmes de climatisation émettent 4 fois plus de gaz à effet de serre que l’ensemble de l’aviation mondiale !

On imagine aisément le cercle vicieux. Si les climatiseurs permettent de faire face aux conséquences du réchauffement climatique, ils contribuent aussi à le renforcer.

En octobre 2016, 150 États ont signé à Kigali un amendement au protocole de Montréal qui vise à réduire de 80% l’usage des gaz HFC au cours des trente prochaines années. Selon les experts, cet amendement devrait éviter une augmentation de la température mondiale de 0,5 degrés d’ici la fin du siècle.

Les énergies renouvelables, les systèmes de production de froid centralisés et la consommation responsable sont la solution !

Thibaut AARON

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