10 Oct
  • By CLIMACTION
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Comment le Guatemala compte produire 80% de son électricité via des sources renouvelables d’ici 2030

Après l’Asie, puis le Mexique, l’Energy Transition Tour fait escale au Guatemala, pays boisé et montagneux d’Amérique latine peuplé de 16 millions d’habitants.

Comme ses voisins d’Amérique centrale, la République du Guatemala pourrait répondre à ses besoins énergétiques uniquement grâce aux énergies renouvelables. 55% de l’électricité du pays est d’ores et déjà d’origine renouvelable.

L’hydroélectricité, le solaire, l’éolien et la géothermie s’apprêtent à remettre en cause la suprématie du pétrole et du charbon.

Le Guatemala s’est fixé comme objectif de produire 80% de son électricité via des sources renouvelables d’ici 2030, avec un objectif intermédiaire à 60% en 2022. Pour y arriver, le pays mise beaucoup sur l’hydroélectricité, la géothermie et le solaire.

L’hydroélectricité, première ressource électrique du pays, est à l’origine de 35 % de la production électrique. C’est également l’énergie renouvelable la moins coûteuse mais son développement est aujourd’hui compromis par de fortes oppositions locales. Les populations autochtones lui reprochent notamment de noyer des terres ancestrales, de bouleverser la biodiversité locale, et de rendre l’eau courante impropre à la consommation.

Les nombreux volcans qui peuplent le pays témoignent de l’importance du potentiel géothermique. Il est estimé dans sa fourchette basse à 1000 MW. Chiffre à comparer aux 3700 MW de capacité électrique installée dans le pays. A ce jour, seulement 5% de ce potentiel est exploité ce qui fait de la géothermie l’une des énergies renouvelables les plus prometteuses pour le Guatemala. Le gouvernement espère que les encouragements fiscaux suffiront à motiver les investisseurs étrangers.

Notons également que 30% de la population du Guatemala vit hors réseau électrique. De ce point vue, l’énergie solaire offre des solutions intéressantes car il s’agit d’une énergie sûre, prévisible et très abordable grâce aux avancées technologiques de ces dernières années. Pourtant, le déficit de confiance dans le pays est bien réel. Des acteurs tels que SEA (The Appropriate Energy Solutions), Kingo tentent d’y remédier en formant et en sensibilisant les jeunes générations (à voir – notre reportage sur le programme Mayan Power and Light dans une école de Quetzaltenango).

Quant à l’éolien, son potentiel est beaucoup moins intéressant que celui du solaire ou de la géothermie. Trop rares sont les endroits où la fréquence et la puissance du vent suffisent à justifier des investissements.

Enfin, les Guatémaltèques profitent de l’électricité la moins chère d’Amérique centrale. Les prix ont même baissés de 30% ces quatre dernières années tandis que le mix électrique accueillait toujours plus d’énergies renouvelables.

Dernière bonne nouvelle, les investissements dans les énergies propres ont été multipliés par quatre en 5 ans. De quoi assurer un avenir florissant aux acteurs de la transition énergétique !

CLIMACTION

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