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CLIMACTION

19 octobre 2017

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Comment le Nicaragua va passer du tout fossile au tout renouvelable en moins de 20 ans

Après le Mexique et le Guatemala, l’Energy Transition Tour fait étape au Nicaragua, petit pays d’Amérique Centrale riche en ressources naturelles.

 

En seulement quelques années le Nicaragua a considérablement réduit sa dépendance aux énergies fossiles en tirant profit de conditions climatiques et géologiques propices au développement des énergies propres (bassin hydrique exceptionnel, forts vents, bon ensoleillement et nombreux volcans).

 

Le déclic à lieu au début des années 2000, au moment où les pays d’Amérique Centrale multiplient les déclarations politiques reconnaissant la nécessité d’augmenter le recours aux énergies renouvelables.

 

Résultat, en moins de 15 ans la part des énergies vertes est passée de moins de 25% à plus de 50% en 2015. Et le pays espère produire les trois quarts de son électricité à partir de sources renouvelables dès 2018, et 90% d’ici 2020. De quoi réduire de manière significative sa dépendance énergétique tout en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre.

 

Le Nicaragua a l’électricité la plus chère (0.21$/kWh) et le taux d’électrification le plus bas d’Amérique Centrale (80%). C’est une opportunité pour le développement des énergies renouvelables, notamment en zone rurale où seulement 54% des habitants ont accès à l’électricité. Au delà de l’enjeu environnemental, le développement des EnR est également un enjeu socio-économique dans un pays où plus d’un tiers de la population vit avec moins de 4 dollars par jour.

 

Afin d’accélérer le développement des projets de biomasse, de géothermie, d’hydroélectricité, de solaire, et d’éolien, le gouvernement a instauré en 2015 des tarifs de rachats de l’électricité allant de 66$ /MWh pour l’éolien à 118$ /MWh pour le solaire.

 

Les structures touristiques sont aussi encouragées à participer à cette véritable révolution énergétique. L’installation de panneaux solaires y est subventionnée à hauteur de 80%, laissant seulement 20% des coûts à la charge de l’hôtelier.

 

L’année dernière, l’Etat a annoncé qu’il allait investir 10 millions de dollars en un an pour développer les énergies propres. Dans le même temps, le gouvernement Sud-Coréen a confirmé son intention de prêter près de 34 millions de dollars pour développer des projets solaires dans 164 communautés rurales.

 

Notons tout de même qu’au Nicaragua comme au Guatemala, la source d’énergie la plus importante est la biomasse. Ce combustible, essentiellement utilisé dans le secteur résidentiel sous forme de bois de chauffage, est un indicateur reconnu de précarité énergétique. Près de 70 % des ménages utilisent le bois de chauffe pour la cuisson, le chauffage et la production d’eau chaude. Or nous savons que l’usage de technologies traditionnelles pour la combustion de la biomasse a des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé. Et il s’agit là d’un sujet trop souvent délaissé par les autorités étatiques.

 

Toujours est-il que la fondation d’Al Gore, The Climate Reality Project, a récemment classé le Nicaragua en 3ème position des pays leaders en matière d’énergies renouvelables, derrière la Suède et le Costa-Rica.

 

Pour couronner ce succès à venir, le Nicaragua vient d’annoncer qu’il signerait l’Accord de Paris dans les prochaines semaines, laissant la Syrie et les Etats-Unis en marge de la coalition internationale.

Un commentaire

  • Bonjour l’homme au chapeau d’Otovalo et la buveuse de Capuccino. Intéressant cet article sur le Nicaragua. J’y étais passé en 2015 et je n’avais pas entendu parler de l’ambition d’Ortegua et ses troupes en matière d’énergies renouvelables. A l’époque, on parlait surtout de ce projet de canal alternatif à celui de Panama, chantier titanesque qui serait soutenu par la Chine et la Russie. Dans votre plan de voyage, l’Equateur n’était pas mentionné. Qu’est-ce qui vous a décidé à y venir ? Bonne chance à la recherche du Biodigesteur ! Et peut-être à bientôt devant une bière belge, malgré l’absence d’happy hour. Tchüss. Pierre le serveur. ps : mon voyage en Amérique de 2015 était moins scientifique que vous. Mais, consolation, y a du Céline Dion dans mon deuxième post si vous allez voir.

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