10 Août
  • By CLIMACTION
  • Cause in

Énergie & Climat : 3 idées reçues sur la Chine

"Les Chinois sont les champions des émissions de CO2"

Alors oui, la Chine est devenue en quelques années le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, devant les Etats-Unis, l'Europe, l'Inde et la Russie.

Mais ce qui compte, ce sont les émissions par habitant. Et si l'on s'y intéresse, le pays recule sévèrement dans le classement.

Selon les dernières données de la Banque Mondiale, un chinois émet 7,6 tonnes de CO2 par an, à égalité avec l'européen et loin derrière l'américain qui émet 16,4 tonnes chaque année.

Et comme nous voulons être complets, intégrons les émissions liées aux importations, qui permettent de mieux appréhender l'empreinte carbone réelle (qui inclut les émissions induites par la consommation intérieure de biens et services, produits par le pays ou importés).

Ainsi, en tenant compte de nos importations, nous, français, nous émettons plus de 10 tonnes de CO2 par an, selon le Commissariat Général au Développement Durable. Quant à la Chine, en 2010, plus du quart des émissions étaient liées à des productions destinées à l'exportation.

De quoi balayer devant notre porte …

"La Chine en est encore au tout charbon !"

Après trois années consécutives de baisse, la part du charbon dans le mix énergétique chinois s'établit à 62%. Mais le pays s'est lancé dans une transition énergétique à marche forcée.

En 2016, les énergies renouvelables ont généré 24,4% de électricité du pays.

Selon Greenpeace, la Chine installe chaque heure une nouvelle éolienne et l'équivalent d'un terrain de foot de panneaux solaires. Et le pays n'a pas l'intention de s'arrêter là.

En janvier dernier, le gouvernement a présenté un plan quinquennal pour le développement énergétique du pays.
Ce plan prévoit d’investir 361 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici 2020. La Chine espère ainsi créer 13 millions de nouveaux emplois dans les renouvelables et limiter les émissions de particules fines liées à la combustion du charbon qui représentent plus de 40% des particules les plus dangereuses pour la santé.

En juin 2017, 6 millions d'habitants de la province de Qinghai, dans le nord-ouest de la Chine, se sont éclairés et chauffés pendant sept jours uniquement grâce aux énergies renouvelables. Avec le soleil, le vent et l'eau, la région a économisé en une semaine l'équivalent de 500.000 tonnes de charbon !

"La Chine n'assurera pas le leadership sur le climat sans les Etats-Unis"

Alors certes, en 2009, à Copenhague, la Chine fut certainement en grande partie responsable, de l'échec de la Conférence pour le climat en se proclamant pays en voie de développement et en refusant ce que la Chine considérait alors comme une entrave potentielle à son développement économique.

Mais depuis la position commune de la Chine et des Etats-Unis à l'occasion de la COP21 qui s'est tenue dans la capitale française en 2015, les choses ont bien changé. Le pays se pose désormais en défenseur de l'Accord de Paris face au retrait américain.

Notons tout de même que la Chine est encore loin d'être un modèle en matière de développement durable et que les freins politiques restent importants. En particulier au niveau régional, où les ambitions nationales se heurtent souvent aux intérêts économiques locaux. Résultat : en 2016, une éolienne sur quatre n'était pas raccordée au réseau !

Et l’absence de transparence est également un frein très important à la transformation du modèle de développement et à l’efficacité des mesures prises par le pouvoir central.

CLIMACTION

Leave a Reply