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Thibaut AARON

20 juillet 2017

Pas de commentaire

Faut-il dire oui au gaz de mine ?

C’est un fait, la combustion du gaz naturel émet moins de dioxyde de carbone que les autres énergies fossiles.

 

Le gaz naturel émet ainsi 42% de moins de co2 que le charbon et 26% de moins que le pétrole. Dans certaines cas de figure, et notamment lorsqu’il se substitue au pétrole ou au charbon, ou lorsqu’il est récupéré avant de s’échapper dans l’atmosphère, le gaz naturel peut être une énergie de transition intéressante.

 

Mais qu’en est-il des gaz dits non-conventionnels ?

 

Les gaz dits « non conventionnels » ne se distinguent pas par leur nature mais par la roche dans laquelle ils sont détenus ainsi que par leur technique d’extraction.

 

Tandis que les gisements de gaz conventionnels sont caractérisés par l’existence d’une accumulation dans une roche poreuse et perméable permettant de récupérer le gaz par simple forage vertical, les gaz non conventionnels sont piégés et parfois même disséminés dans une roche imperméable qu’il faut fissurer pour pouvoir extraire le gaz qui s’y trouve.

 

Parmi les gaz non conventionnels, on distingue les gaz de roche mère ou gaz de schiste, les gaz de réservoirs compacts et les gaz de mine ou gaz de charbon.

 

Les gaz de schiste sont emprisonnés et dispersés dans une formation rocheuse sédimentaire non poreuse, la roche mère, et n’ont donc pas encore réalisé leur migration. Située à une profondeur comprise entre 1500 m et 3000 m, la roche mère est imperméable. Elle empêche son extraction par des forages classiques, c’est pourquoi l’exploitation des gaz de schiste requiert de lourdes infrastructures et des procédés de fracturation de la roche que ne nécessitent pas les gisements conventionnels.

 

Une étude de 2014 réalisée par des chercheurs de l’université de Cornell estime que l’empreinte en équivalent carbone des gaz de schiste est 20% supérieure à celle des gaz conventionnels, en raison des émissions fugitives de méthane, supérieures d’au moins 30% à celles issues de l’exploitation des gaz conventionnels.

 

Les gaz de réservoirs compacts sont les plus proches des gisements conventionnels. Le gaz a effectué sa migration de la roche mère vers la roche réservoir mais, du fait de sa très faible perméabilité et de la forte pression, l’exploitation est rendue difficile. La roche nécessite d’être fissurée pour en extraire les ressources en gaz.

 

Le gaz de mine, appelé aussi gaz de charbon ou encore grisou, est présent dans les veines du charbon.
Celui-ci étant généralement situé entre 800 m et 1200 m de profondeur, parfois moins, l’extraction du gaz de houille nécessite le plus souvent un forage vertical ainsi que des opérations de fissuration permettant d’extraire le gaz du charbon dans lequel il est emprisonné.

 

En juillet 2011, la France a fait le choix d’interdire la fracturation hydraulique et d’abroger les permis délivrés en raison de la gravité des risques associés à l’exploitation du gaz de schiste. Depuis lors, le retour d’expérience des Etats dans lesquels sont exploités les gaz non conventionnels confirme la réalité des risques environnementaux et sanitaires.

 

Compte-tenu des réglementations environnementales et sanitaires en vigueur en France et en Europe, l’exploitation des ressources en gaz non conventionnels devra nécessairement emporter une gestion des risques performante et imposer un cahier des charges environnemental strict.

 

A cet égard, en l’état actuel des technologies, la technique de la fracturation hydraulique présente d’importants risques environnementaux et sanitaires qui ne peuvent être limités que par la mise en place de dispositifs coûteux, qui pèsent sur la rentabilité de l’exploitation.

 

En revanche, l’exploitation des gaz de houille, dès lors qu’elle ne nécessite pas d’opération de fracturation, offre les avantages d’une production nationale de gaz naturel qui ne comporte pas de risques majeurs pour l’environnement et les populations avoisinantes.

 

La récupération du gaz de houille alimentera d’ailleurs dès 2019 le réseau de chaleur de la ville de Béthune, dans les Hauts-de-France. Le réseau de chaleur de la ville affichera alors un taux de couverture en énergies renouvelables et de récupération de 84%.

 

À la clef, une réduction de 35% des émissions de CO2 !

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