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CLIMACTION

07 juin 2017

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La gestion durable de l’huile de palme, un enjeu majeur pour la Malaisie

L’huile de palme est un bien stratégique pour la Malaisie. Premier exportateur et deuxième producteur mondial, le pays tente depuis quelques années de verdir l’image écornée de cette huile pourtant plébiscitée par les industriels de l’agroalimentaire, de la cosmétique… et de l’énergie.

 

L’huile est extraite de la noix récoltée sur les palmiers à plusieurs reprises dans l’année. Son prix, très bas, s’explique en grande partie par la productivité exceptionnelle des palmiers : un hectare de palmier produit six fois plus d’huile qu’un hectare de soja.
Autre avantage : l’huile résiste bien à la cuisson et est solide à température ambiante ce qui permet de très nombreuses applications alimentaires, cosmétiques et énergétiques.

 

Introduite par les européens à la fin du XIXème siècle, la culture du palmier à huile est devenue au fil des ans une ressource emblématique de la Malaisie. Elle représente aujourd’hui à elle seule 11% du PIB national, autant que la contribution de l’automobile au PIB français ! Et la production d’huile de palme augmente de 2,5% par an.

 

Pour faire face à la demande mondiale, les forêts tropicales de Sumatra et Bornéo sont peu à peu remplacées par de la monoculture d’huile de palme. Conséquence : la forêt tropicale ne joue plus son rôle d’absorbeur de gaz à effet de serre et la libération du CO2 emprisonné dans le bois accentue l’impact néfaste pour le climat. Ainsi, selon un récent rapport de l’ONU, l’usage d’huile de palme dans les biocarburants serait plus émetteur en gaz à effet de serre que les carburants d’origine fossile. Et d’autres problèmes se posent quant à l’extraordinaire biodiversité de la forêt primaire; de nombreuses espèces vivant dans ces forêts sont menacées comme le tigre, le rhinocéros ou encore l’Orang-Outang.

 

Le 3 avril 2017, le Parlement Européen a voté en faveur de la fin de l’utilisation de l’huile de palme comme biocarburant en raison de ses conséquences environnementales et sociales. C’est un fait, les plantations de palmier à huile ont une responsabilité réelle dans la déforestation. Mais cette responsabilité est partagée avec d’autres secteurs de l’économie locale comme les industries papetières, les exploitations forestières et l’industrie minière.

 

Il y a quelques semaines, des universitaires malaisiens, des industriels agroalimentaires indonésiens et des chercheurs français ont annoncé leur collaboration pour développer les cultures durables de palmiers à huile, de cocotiers et d’hévéas. Côté français, c’est le Centre français de recherche agronomique pour le développement de l’Université de Montpellier qui contribuera à la plate-forme.

 

Une bonne nouvelle pour les forêts de Sumatra & Bornéo ? On l’espère, affaire à suivre…

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