31 Juil
  • By Thibaut AARON
  • Cause in

Le soleil va t-il enfin se lever sur la Chine ?

L’image que nous retiendrons de notre arrivée à Pékin c’est cet épais brouillard qui limite notre visibilité à quelques dizaines de mètres. Nous n’avons rien vu de tel en Malaisie, aux Philippines, et même en Inde.

Et pourtant, aucun pic de pollution à l’horizon ! Ce brouillard nous suivra sur la Grande Muraille de Chine et jusqu’au barrage des Trois-Gorges, à 1300 km au sud de Pékin.

Depuis quelques années, les autorités prennent le problème très au sérieux et multiplient les mesures pour améliorer la qualité de l’air.

Un pékinois que nous interrogeons nous confirme que les inquiétudes de la population quant à la qualité de l’air et aux impacts sur la santé sont grandissantes. Il en profite pour souligner l’amélioration de la situation depuis 2-3 ans, à Pékin. Enfin, il ironise sur la soudaine prise de conscience de ses dirigeants : « ils se sont rendus compte qu’ils respirent le même air que nous et que leur santé est tout autant menacée. C’est pour cette raison qu’ils agissent« .

Rappelons qu’en Chine, 1.1 million de personnes meurent prématurément chaque année en raison de la pollution atmosphérique. À Pékin, nous rencontrons Ying Yuan de Greenpeace pour discuter énergie et climat. Elle nous confie que la pollution aux particules fines a baissé en moyenne de 7% entre 2015 et 2016, mais dans le même temps 74% des 366 villes chinoises analysées par l’ONG ne respectent toujours pas les critères nationaux.

À ce rythme, Shanghai devrait atteindre les standards chinois de pollution de l’air avant 2020 et Pékin vers 2027. Mais on est encore loin des critères de l’OMS qui, au rythme actuel, seraient atteints en 2046.

En décembre 2016, la Chine a connu un pic de pollution particulièrement aiguë sur plus de 10% du territoire contraignant les autorités à fermer écoles, usines et à limiter la circulation automobile.

Parallèlement, Pékin s’est engagé à limiter les émissions automobiles et le recours au charbon, tout en investissant dans les énergies renouvelables et en sanctionnant les plus gros pollueurs. Au premier semestre 2017, les industries les plus polluantes ont subi des amendes de 78 millions d’euros, un chiffre en hausse de 131% par rapport au premier semestre 2016.

Pékin multiplie les efforts sur le sujet. Il y a quelques jours encore, Pékin annonçait un plan de remplacement des 67 000 taxis à essence de Pékin par des véhicules électriques. L’Etat devrait financer, via une aide à l’achat, 40% du prix du véhicule électrique pour encourager le passage à l’acte.

Thibaut AARON

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