05 Juil
  • By CLIMACTION
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Philippines : la mangrove pour lutter contre les conséquences du changement climatique ?

Pour la troisième étape de l’Energy Transition Tour, nous nous rendons aux Philippines depuis Kuala Lumpur, en Malaisie. Depuis quelques années, les Philippins doivent faire face à de nouvelles menaces que sont la montée du niveau des océans, la multiplication et l’intensification des phénomènes météorologiques exceptionnels.

Le pays est en première ligne face au changement climatique. Il est d’ailleurs classé par le World Risk Report 2016 troisième pays le plus vulnérable au changement climatique, après le Vanuatu et les îles Tonga.

Depuis 35 ans, les Philippines font face à une catastrophe naturelle par mois en moyenne. Rappelons-nous. Il y a moins de 4 ans, le pays était touché par le typhon Haiyan, le plus violent et le plus meurtrier de l’histoire des Philippines. 8000 morts et 4 millions de personnes déplacées selon la Croix-Rouge. Sur l’année, plus de 5,6 millions de personnes avaient été déplacées en raison des typhons.

Les conséquences du changement climatique sont visibles. Lors de notre passage sur les côtes de l’île de Mindoro, au nord des Philippines nous avons pu en être les témoins. De nombreuses habitations de bord de mer endommagées par le typhon Haiyan ont été abandonnées tant par les locaux que par les occidentaux qui venaient y passer quelques mois dans l’année ! Ces maisons désertées dans un paysage idyllique font échos aux propos de Felizardo (Sergo) Colambo, President de l’Alliance for Green Philippines qui nous confia lors de notre rencontre à Manille que la maison de ses grands parents avait été engloutie par les eaux en seulement quelques années.

L’élévation du niveau de la mer est un enjeu majeur pour le pays car le niveau augmente cinq fois plus vite que sur le reste de la planète. 70% des 1500 collectivités côtières des philippines sont vulnérables à la montée du niveau des océans. Pour y faire face, les autorités nationales ont hissées l’adaptation au changement climatique comme priorité nationale. Un plan de lutte contre les inondations a été lancé et prévoit notamment des dispositifs d’alerte précoce et une meilleure préparation des populations. Des « no building zones » ont également été instituées sur les zones côtières pour faire face au risque de montée des eaux. Ces zones devraient entraîner la délocalisation des habitants sur des régions moins exposées.

D’autres solutions existent. Plusieurs récents rapports ont révélé que les mangroves jouent un rôle primordial dans la protection de la côte en faisant office de tampon naturel, réduisant ainsi les dommages des vagues des typhons et tsunamis, tout en limitant l’érosion côtière. Replanter les mangroves endommagées offre donc un moyen d’atténuer les conséquences du changement climatique tout en protégeant la biodiversité locale. Après le passage du typhon Haiyan, le département pour l’environnement et les ressources naturelles des Philippines a d’ailleurs alloué une enveloppe de 8 millions de dollars pour financer les efforts de replantation des mangroves.

Le pays aux 7000 îles a en revanche quelque peu délaissé l’atténuation au profit de sa politique d’adaptation. Il s’est pourtant engagé lors de la COP21 à réduire de 70% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, sans préciser comment cet admirable objectif pouvait être atteint. Les autorités n’ont pas engagé de transition écologique et considèrent comme mineure la part des Philippines dans les émissions mondiales. Notons effectivement qu’un tiers du mix énergétique national est issu de la géothermie et de l’hydroélectricité. Le pays possède le deuxième potentiel mondial en matière de géothermie après les Etats-Unis et produit un quart de l’énergie géothermique mondiale… mais possède un potentiel restant à exploiter deux fois plus important !

Quoi qu’il en soit, les autorités des Philippines attendent toujours que les pays du Nord assument financièrement leur « responsabilité historique » dans le changement climatique pour pouvoir engager leur propre transition.

CLIMACTION

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